Accompagner : un soutien précieux pour l’écriture

Avez-vous déjà ressenti la difficulté d’écrire dans la durée sans regard extérieur ni contrainte de temps ? En faisant appel à mes services, vous bénéficierez d’un cadre et d’un accompagnement bienveillant qui stimuleront votre motivation. Pour moi, tout le monde peut écrire. Surtout quand l’écriture se libère et devient créative. Il est essentiel pour cela d’apprendre à se faire confiance. D’arriver à se relier à la nécessité et/ou au plaisir de dire, témoigner, s’exprimer.

Mon credo : faire entendre des textes inconnus

Si tous les mots des manuscrits dormant paisiblement (ou non…) dans les tiroirs se réveillaient, quels sons en sortiraient ? Plutôt pop, classiques ou free jazz ? Délicieusement éclectiques en tout cas ! Sans garantir la publication qui, à moins d’opter pour l’auto-édition, reste l’exception, je propose de retravailler vos écrits tant du point de vue de leur intelligibilité que de leur musicalité. En tenant compte de l’effet qu’ils peuvent produire à la lecture.

Mon appui : la pratique des ateliers d'écriture spontanée

Je me suis formée, il y a quatre ans, à l’animation d’ateliers d’écriture au Ciclop. Cette association parisienne promeut et expérimente depuis longtemps et avec talent l’animation non-directive. En suivant ses principes, j’ai animé un atelier hebdomadaire dans un groupe d’entraide mutuelle à Nantes, ainsi que plusieurs ateliers réguliers dans des médiathèques de Loire-Atlantique. L’accompagnement littéraire individuel que je vous propose s’appuie sur cette formation ainsi que sur mon expérience.

Qu’est-ce que l’écriture spontanée ? Tout d’abord il s’agit d’écrire en évitant de trop réfléchir, sans crainte, sans se juger, c’est-à-dire en toute spontanéité et liberté. Un clin d’œil à l’écriture automatique des surréalistes. Cette approche s’inspire également de la dynamique du groupe étudiée par Carl Rogers. L’animateur (qui écrit également) est le garant par sa qualité de présence et d’écoute d’un cadre mouvant mais sécurisant. Il propose aux participants, ou ce sont eux qui le font, des inducteurs : mots ou phrases le plus souvent qui lancent et alimentent le feu de l’écriture. L’objectif de l’animateur est de veiller à ce que chacun se connecte au plaisir simple d’écrire, aidé en cela par le jeu avec les mots et le plaisir procuré par leur partage. Pour contribuer à ce climat de confiance, les retours des participants (animateur inclus) sur un texte qui vient d’être lu expriment des ressentis, des perceptions et non des jugements esthétiques ou de valeur.

La différence avec la critique littéraire est donc grande. Ici, pas de comparaison avec des écrivains célèbres, ce qui pourrait freiner voire écraser, ou encore enfermer dans un style, un rôle… L’étude détaillée d’un texte, parfois scolaire, ne trouve pas non plus sa place dans ce type d’ateliers. On ne dissèque pas un écrit, on le lit, on l’offre aux autres. On le vit. Cette expérience est souvent joyeuse, surprenante, car avec les mêmes inducteurs on obtient des textes extraordinairement multiples. Après, rien n’empêche de remanier un écrit chez soi mais il gardera – si on y est vigilant – cette fraîcheur et cette saveur littéraire unique : celle de la spontanéité qui rime souvent avec fluidité. C’est celle-ci que je recherche quand j’écris ou quand je réécris.

Deuxième principe, il s’agit de toujours préférer l’étonnement à l’analyse littéraire. Avec cette façon de voir, il n’y a ni bon ni mauvais texte. Durant l’atelier, je ne me positionne pas comme une « sachante » dont la parole écrite ou orale ferait foi. Ou comme une professeure qui doit noter, évaluer les copies. Être la garante de la progression de ses élèves. L’écriture créative nous relie à notre for intérieur et à l’altérité : la nôtre, celles des autres. À l’enfance aussi. En nous redonnant un accès direct à cet imaginaire si fertile durant cette phase de vie et en retrouvant parfois les pas de nos premiers émois. L’écriture spontanée peut enfin convier sur la feuille blanche nos rêves, espoirs et désirs. Nos blessures aussi. Les textes écrits sont à la fois poétiques, profonds, cocasses, fantaisistes, audacieux, touchants… En écrivant sans se soucier du résultat, sans vouloir « faire joli » ou « discret », on s’inscrit dans le vivant et l’instant. Voilà ce que je conseille aux personnes qui sollicitent mes services.

Mon accompagnement pour un texte plus vivant

Dans le cadre d’un coaching littéraire individuel, je vous encourage vivement – comme je le fais en atelier – à laisser de côté vos jugements, à vous débarrasser des croyances négatives (« Je suis nul en français ! »), en bref de vos appréhensions et inhibitions. Une lecture à voix haute, que j’effectue souvent paragraphe par paragraphe, favorisera une autre perception du texte, moins mentale, et permettra des retours sensibles. Les vôtres, et les miens. En ce qui me concerne, mes ressentis ne prétendent pas à la vérité. Ils tenteront juste d’essayer de renforcer ce qu’il peut y avoir de vibrant dans le texte. Car pour moi, un livre « muet », dénué d’authenticité ou d’émotions risque vite d’être oublié, rangé sur l’étagère dès les premières pages. À la suite de cette lecture, je suggérerai de retoucher certains passages. Bien entendu, vous aurez tout loisir de refuser mes propositions de modifications. Il est important de vous reconnaître dans votre écrit, qui restera bien entendu toujours le vôtre après mon passage…

Accompagnement, création, écriture spontanée et libre, motivation, confiance retrouvée, expression de soi, plaisir de dire et d’écrire

Pour vous faire une petite idée de ma plume, voici quelques extraits de mes textes :

Tu pourras toujours revenir

Je me suis fondue dans la masse. Avant, j’étais une belle fille. Je travaillais à la télévision et il voulait me faire un enfant. Je me suis enfuie, puis comme ce n’était pas assez loin, je me suis quittée. Regardez cette photo. Regardez comment j’étais. Une belle fille. Je pense qu’il ne me reconnaîtrait pas. Ma vie est entre parenthèses. D’ailleurs j’en ai la forme. Quand je me vois je me dis : « Qui c’est celle-là qui me regarde ? » J’ai voulu disparaître sous les plis d’un corps de 110 kilos. Pour qu’il ne m’arrive plus rien de mal. Mais jamais je n’ai été autant à découvert. Mon corps hurle même quand je le bâillonne de tissus ternes. De vêtements informes. Quand je me déplace, l’air se durcit à mon contact. Mon dos et mes articulations me font des misères. Des misères de grosse. Aussi, je reste sur mon canapé, à le regarder, lui, qui vieillit si bien à la télévision. Et qui voulait me faire un enfant. Ah, ça oui je me suis bien déguisée. Tellement bien qu’il ne pourra pas me retrouver. Je ne sais plus où j’ai pris ce costume alors je ne peux pas le rendre. Peut-être pourriez-vous me dire, s’il vous plaît, par où je suis passée en courant ?

Monsieur, j’ai ouï dire que vous souhaitiez nous quitter. Vos collègues sont sonnés. Votre acte est socialement irrespirable. Avez-vous pensé au temps et à l’argent que j’ai investi sur vous ? Vous êtes du genre à avoir tout pris et rien donné. À l’école, non content que le système s’échine à vous élever, c’était « peut mieux faire ». Pour vous, l’effort et le travail étaient des inutiles. Il vous fallait tout, tout de suite. Savez-vous que la patience et la persévérance sont les deux mamelles de la gloire ? Vous ne boirez pas de son doux lait en crapahutant de branche en branche. On ne peut hypothéquer son passé et encore moins le solder ! L’Homme a cheminé depuis le nomadisme primitif. L’Évolution a été la sédentarisation. Il a avec le fil d’acier du temps tranché l’aléatoire. Égorgé l’inconnu. Pourtant aujourd’hui les mouvements s’hystérisent et nous rebasculons dans l’ère précaire. Quelle sombre bêtise. Votre départ participerait de cet immense bond en arrière. Nous nous devons de sortir les griffes et de nous accrocher aux descentes de lits. Aux jupes moites et accueillantes de nos mères. Un qui part plus un qui part plus un qui part, et c’est la fin du Tous. Tout simplement. Ne donnez pas de prise au hasard. La chance est une traîtresse. Une vagabonde. L’espoir, un dangereux compagnon. Et puis, partez et retournez-vous donc. Et ce jour là, trinquez ! Ne comptez pas sur moi pour boire les larmes de votre désillusion. Partez ! Faites-vous ce petit plaisir et vous perdrez famille et amis dans la caverne de votre égo. Vous êtes la honte de ce pays. Plutôt que de l’ensemencer, ce qui est votre devoir, vous lui faites l’affront de le répudier. Les humains ont toujours fantasmé sur un ailleurs plus clément ou plus exaltant. Que ce soit avec l’increvable âge d’or ou avec les sanglantes conquêtes. Voulez-vous vraiment embrasser une chimère ? Avez vous pensé à son haleine ? Écoutez, si j’ai cependant touché votre cœur sec, je me dois d’être miséricordieux. Mais ne comptez pas sur une augmentation, votre rachat ne peut être que spirituel.

Et voilà que ça recommence ! Suffit qu’un client s’en aille pour qu’il remette le couteau. Heureusement que ça n’arrive pas souvent. Je m’y voyais déjà moi, les palmiers, la charcuterie luisante, les pâtisseries grasses et les bruns lumineux. Et le torride flamenco qui vous malmène. Vous savez, comme dit mon mari, on croit tenir un commerce mais c’est lui qui vous tient. Vous faites bien de partir. Partez pour tous ceux qui ne partent pas. Je vous confie mon regret comme un enfant malade. Prenez-en soin. Le changement d’air lui fera du bien. Racontez-lui plus tard, peut-être qu’il me pardonnera. Je n’ai jamais aimé cette ville. Et elle me l’a bien fait payer. Les habitants sont méchants et ne voient pas plus loin que leurs minables rires moqueurs. Partir ? Ils ne savent même pas ce que c’est. Pour eux, leur coin c’est forcément le meilleur endroit de la terre. Ils ne m’ont jamais acceptée car je viens d’ailleurs, vous comprenez. Henri, lui, était du cru. Allez-vous-en. Cela ne peut pas être pire qu’ici. Non, restez ! Nous choisirons un beau cercueil pour y déposer encore frétillants tous nos désirs. Nous aurons un magasin et nous l’appellerons : « Souvenirs d’Espagne ». Faites-le pour moi. Vous ne me connaissez pas. Je ne suis pas difficile. Vous verrez. Je ne suis plus très jolie, mais je sais cuisiner. Je suis Jocelyne. Je n’ai pas fait un mariage d’amour. Il m’avait dit qu’on s’en irait. Promis de m’emmener loin. C’était dans le contrat au départ. S’il n’y avait eu que lui, j’aurais pas dit « oui » ! Quand mon mari me relance, c’est là dans le ventre. Cela me tord les entrailles. Mais il dit toujours que le commerce, que sa mère… Sur son tablier de boucher maculé de sang, les traces de mes rêves démembrés. Je n’arrive pas à les rassembler. Aidez-moi à en faire un joli petit tas. Pour les disperser dans la Garonne. Restez. Vous ne souffrirez pas de votre infidélité. Nous aurons la même blessure à lécher, l’un l’autre. Et peut-être trouverons-nous dans la répétition de cette tâche une certaine joie.

Fantaisie

Un roi sans couronne vivait dans un pays sans royauté. Il n’avait donc pas de peuple à gouverner. En plus de se sentir très seul, il cherchait constamment ses mots. Qui ne venaient que rarement à sa bouche. D’hésitations en tâtonnements gutturaux, le monarque pouvait mettre un temps déraisonnable avant de trouver ceux qu’il lui fallait pour exprimer une idée ou, pire dans son cas, une émotion ! Avec qui pouvait-il discuter alors ? Son vieux compagnon, un perroquet qui jouait pour lui, en plus du rôle de confident, celui de répétiteur. Ce roi était bien malheureux. Car au fond de lui il rêvait non pas d’une couronne, il n’en avait jamais eu aussi n’en éprouvait-il pas le manque, mais d’une raison d’être. Il désirait se sentir utile à une communauté. Mais il n’avait pas de talent connu et en bas, dans la vallée, il n’était pas le bienvenu. En plus, communiquer lui était si difficile ! Un jour de répétition particulièrement intense avec le sieur oiseau exotique, il se passa la main dans les cheveux et, ô surprise, sentit une houpette poindre qui n’était autre que celle rose et blanche de certains de ces incroyables volatiles parleurs. D’abord stupéfait et fort mécontent de ce nouvel attribut, il se résolut à accepter son sort et se proclama roi des perroquets. Il se battit pour des cages plus vastes, le développement des graines bio ; des discussions dignes de ce nom (c’est dingue toutes les bêtises que l’on aimait faire dire à un perroquet !), et enfin pour un statut de membre de la famille à proprement parler. Après tout, qui mieux qu’un ara connaît tous les secrets du foyer ? Le problème certes est qu’il les répète, mais bon ça c’est une autre histoire. Le roi Perroque Ier partit donc avec son fidèle ami sur l’épaule, plaider la bonne parole. Il se sentit pousser des ailes, enfin, façon de parler. Et les mots arrivèrent plus facilement. De toute façon, il faut dire qu’il avait un sacré maître à ses côtés. Quant aux émotions… La vue de son étrange physique générait tant de regards moqueurs et de noms d’oiseaux qu’il apprit aussitôt à les ressentir certes mais sans se laisser picorer par elles.

Le Petit Garçon et La Dame en noir

(nouvelle écrite sur la base du synopsis de Denis Thirion et d’entretiens avec lui).

Madame Muller, voici votre fils ! » On a déposé sur mon ventre un beau bébé de 3,2 kilos aux yeux écarquillés et je me suis murmurée que tout était terminé. Que nous avions été enfin exaucés (il s’était passé des mois avant que je sois de nouveau enceinte). Que le futur serait lisse. Serein. En vérité, pour Pierre et moi, le cauchemar allait commencer. Huit jours de bonheur après, c’est arrivé. L’inimaginable. Un matin, notre enfant avait disparu !

C’était terrible, n’est-ce pas Claire, tu te rappelles quand on nous l’a annoncé ? Nous avions senti une effervescence inhabituelle dans les couloirs. Et puis, soudain, le mot insensé du directeur de l’établissement qui est tombé comme un couperet : « enlèvement ». Nous étions à terre. Notre bébé était introuvable et la chasse aux témoins ouverte. On avait vu rôder la veille, près de ma chambre, la numéro 73, une jeune femme élégamment vêtue de noir. « Taillée comme une arbalète », avait remarqué l’infirmière de garde qui se souvenait ainsi de la silhouette aperçue furtivement dans le couloir. Et d’un foulard chic, masquant ses cheveux. De type Hermès. Hermès, le Dieu des voleurs dans la mythologie grecque… La suspecte devait avoir une trentaine d’années, estima une autre soignante, qui travaillait également cette nuit-là. Les pans du long manteau de l’inconnue avaient pu cacher l’enfant, supposa-t-elle. Elle avait beaucoup pleuré en racontant ce qu’elle avait vu : si elle avait su… Elle se répétera longtemps cette petite phrase.

La France s’était d’abord passionnée pour ce fait divers qui touchait une famille d’Alsace de renom. Une région dont on parlait peu. Puis, l’heure étant aux Trente glorieuses et au yéyé, on nous a vite oubliés. Qui avait pu nous faire du mal ? Où était la chair de ma chair ? De temps en temps, j’avais un bon pressentiment. Notre fils était vivant. J’en parlais à Pierre, qui se rendait souvent à Paris afin de faire pression sur les enquêteurs et le ministère de l’Intérieur. Les inspecteurs indiquaient alors recevoir beaucoup d’appels fantaisistes. L’enquête piétinait. Nous piétinait… Il n’y avait rien de solide dans le dossier. On avait bien cherché la suspecte aux proches frontières : en Suisse, en Allemagne,en Belgique ou au Luxembourg. En vain. Nous devions nous rendre à l’évidence et accepter de porter notre croix. Plier sous la volonté divine. Souvent, je rêvais de Nicolas. Nous avions choisi ce prénom parce que la Saint-Nicolas est très populaire par ici. On l’aime plus que le Père Noël ! Une nuit, j’ai rêvé que notre enfant avait trois ans et de jolies boucles châtain-clair. Il jouait au jardin, derrière une église. Je hurlais son nom et ma joie, tout en courant à sa rencontre. Lui reculait, effrayé, comme face à un monstre, et allait se réfugier dans les jupes de celle qui m’avait remplacée. Je me suis réveillée en sursaut.

Je me souviens très bien de ton rêve, tu me l’avais raconté en détail. Et en pleurs. Moi, les somnifères rendaient mes nuits vides de songes et, la journée, je m’investissais à en mourir dans mon travail ! Les premières délocalisations d’usines de textile et de l’habillement vers les pays d’Afrique du Nord nous rendaient moins compétitifs. Je résistais. J’en faisais un cas personnel. Les policiers étaient venus interroger deux fois les ouvriers, puis les cadres. Ils étaient repartis bredouille. On avait aussi effectué des fouilles avec des chiens dans les forêts environnantes. Cela faisait trois ans maintenant. Trois ans sans nouvelles ! Notre enfant devait être loin maintenant ou mort. Il fallait se faire une raison, disaient-ils…