Conseil littéraire

Accompagner

Un soutien pour l'écriture

Écrire régulièrement sans regard extérieur, sans cadre ni contrainte de temps, n’est pas chose facile. En faisant appel à mes services, vous trouverez un accompagnement et de la motivation. Pour moi, tout le monde peut écrire. Surtout quand l’écriture se libère pour devenir davantage ludique et créative. Qu’elle se relie avant tout au plaisir ancestral de dire, témoigner, s’exprimer.

Mon credo : raviver les textes inconnus

Si tous les mots dormant paisiblement (ou non…) dans les tiroirs de ceux qui aiment écrire se réveillaient soudain, quel ruissellement de sons en sortirait ? Mélodieux ou dissonants ? Délicieusement éclectiques en tout cas ! Sans garantir la publication qui, à moins d’opter pour l’auto-édition, reste souvent l’exception, je propose de retravailler vos écrits tant du point de vue de leur intelligibilité que de leur musicalité. Et en tenant compte de l’effet qu’ils peuvent produire chez le lecteur.

Mes appuis : les principes des ateliers d'écriture

Je me forme actuellement à l’animation d’ateliers d’écriture au Ciclop. Cette association promeut et expérimente depuis quarante ans l’animation non-directive. Avec cet état d’esprit, j’anime depuis des mois un atelier hebdomadaire dans un groupe d’entraide mutuelle à Nantes. L’accompagnement individuel que je pratique s’appuie sur cette formation ainsi que sur mon expérience.

Tout d’abord il s’agit d’écrire en évitant de trop réfléchir, sans crainte, c’est-à-dire en toute spontanéité et liberté. Un clin d’œil à l’écriture automatique des surréalistes. Cette approche s’inspire également de la dynamique du groupe étudiée par Carl Rogers. L’animateur, qui écrit aussi, pose par sa qualité de présence et son attitude bienveillante un cadre mouvant mais sécurisant. Il propose aux participants, ou ce sont eux qui le font, des inducteurs : mots ou phrases le plus souvent qui lancent et alimentent le feu de l’écriture. L’objectif de l’animateur est de veiller à ce que chacun se connecte au plaisir simple d’écrire, aidé en cela par le jeu avec les mots et le goût de leur partage. Pour contribuer à ce climat de confiance, les retours des participants (animateur inclus) sur un texte qui vient d’être lu expriment des ressentis, des perceptions et non des jugements esthétiques ou de valeur.

La différence avec la critique littéraire est donc grande. Ici, pas de comparaison avec des écrivains célèbres, ce qui pourrait freiner voire écraser, ou encore enfermer dans un style, un rôle… L’étude détaillée d’un texte, parfois scolaire, ne trouve pas non plus sa place dans ce type d’ateliers. On ne dissèque pas un écrit, on le lit, on l’offre aux autres. On le vit. Cette expérience est souvent joyeuse, surprenante, car avec les mêmes inducteurs on obtient des textes extraordinairement multiples. Après, rien n’empêche de remanier un écrit chez soi mais il gardera – si on y est vigilant – cette fraîcheur et cette saveur littéraire unique : celle de la spontanéité qui rime souvent avec fluidité.

Deuxième principe, il s’agit de toujours préférer l’étonnement à l’analyse littéraire. Avec cette façon de voir, il n’y a ni bon ni mauvais texte. Durant l’atelier, je ne me positionne pas comme une « sachante » dont la parole écrite ou orale ferait foi. Ou comme une professeure qui doit noter, évaluer les copies. Être la garante de la progression de ses élèves. L’écriture créative nous relie à notre for intérieur et à l’altérité : la nôtre, celles des autres. À l’enfance aussi. En nous redonnant un accès direct à cet imaginaire si fertile durant cette phase de vie et en retrouvant parfois les traces de nos premiers émois. L’écriture spontanée peut enfin convier sur la feuille blanche nos rêves, espoirs et désirs. Nos blessures aussi. Les textes écrits sont à la fois poétiques, profonds, cocasses, fantaisistes, audacieux, touchants… En écrivant sans se soucier du résultat, sans vouloir « faire joli » ou « discret », on s’inscrit dans le vivant et l’instant.

Mon accompagnement : mes ressentis au service d'un texte plus vivant

Dans le cadre d’un accompagnement littéraire individuel, j’encourage vivement l’auteur – comme je le fais en atelier – à laisser de côté les jugements, à se débarrasser de ses croyances négatives (« Je suis nul en français ! »), en bref de ses appréhensions et inhibitions. Une lecture à voix haute favorisera ainsi une autre perception du texte, moins mentale, et permettra des retours sensibles. Ce seront mes ressentis aussi ils ne prétendent pas à l’universel ou à la vérité. En revanche, ils mettront sans doute en avant ce qu’il peut y avoir de vibrant dans un texte. Pour moi, un livre muet, dénué d’authenticité ou d’émotions risque vite d’être oublié, rangé dès les premières pages. À la suite de cette lecture, je suggérerai de retoucher certains passages. Bien entendu, vous aurez tout loisir de refuser des propositions de modifications. Il est important de se reconnaître dans son écrit. Le texte est et restera le vôtre après mon passage…

Accompagnement, création, écriture spontanée et libre, motivation, confiance retrouvée, expression de soi, plaisir de dire et d’écrire

Pour vous faire une petite idée de ma plume, voici quelques extraits de textes :

Tu pourras toujours revenir (2007)

 Je me suis fondue dans la masse. Avant, j’étais une belle fille. Je travaillais à la télévision et il voulait me faire un enfant. Je me suis enfuie, puis comme ce n’était pas assez loin, je me suis quittée. Regardez cette photo. Regardez comment j’étais. Une belle fille. Je pense qu’il ne me reconnaîtrait pas. Ma vie est entre parenthèses. D’ailleurs j’en ai la forme. Quand je me vois je me dis : « Qui c’est celle-là qui me regarde ? » J’ai voulu disparaître sous les plis d’un corps de 110 kilos. Pour qu’il ne m’arrive plus rien de mal. Mais jamais je n’ai été autant à découvert. Mon corps hurle même quand je le bâillonne de tissus ternes. De vêtements informes. Quand je me déplace, l’air se durcit à mon contact. Mon dos et mes articulations me font des misères. Des misères de grosse. Aussi, je reste sur mon canapé, à le regarder, lui, qui vieillit si bien à la télévision. Et qui voulait me faire un enfant. Ah, ça oui je me suis bien déguisée. Tellement bien qu’il ne pourra pas me retrouver. Je ne sais plus où j’ai pris ce costume alors je ne peux pas le rendre. Peut-être pourriez-vous me dire, s’il vous plaît, par où je suis passée en courant ?

Monsieur, j’ai ouï dire que vous souhaitiez nous quitter. Vos collègues sont sonnés. Votre acte est socialement irrespirable. Avez-vous pensé au temps et à l’argent que j’ai investi sur vous ? Vous êtes du genre à avoir tout pris et rien donné. À l’école, non content que le système s’échine à vous élever, c’était « peut mieux faire ». Pour vous, l’effort et le travail étaient des inutiles. Il vous fallait tout, tout de suite. Savez-vous que la patience et la persévérance sont les deux mamelles de la gloire ? Vous ne boirez pas de son doux lait en crapahutant de branche en branche. On ne peut hypothéquer son passé et encore moins le solder ! L’Homme a cheminé depuis le nomadisme primitif. L’Évolution a été la sédentarisation. Il a avec le fil d’acier du temps tranché l’aléatoire. Égorgé l’inconnu. Pourtant aujourd’hui les mouvements s’hystérisent et nous rebasculons dans l’ère précaire. Quelle sombre bêtise. Votre départ participerait de cet immense bond en arrière. Nous nous devons de sortir les griffes et de nous accrocher aux descentes de lits. Aux jupes moites et accueillantes de nos mères. Un qui part plus un qui part plus un qui part, et c’est la fin du Tous. Tout simplement. Ne donnez pas de prise au hasard. La chance est une traîtresse. Une vagabonde. L’espoir, un dangereux compagnon. Et puis, partez et retournez-vous donc. Et ce jour là, trinquez ! Ne comptez pas sur moi pour boire les larmes de votre désillusion. Partez ! Faites-vous ce petit plaisir et vous perdrez famille et amis dans la caverne de votre égo. Vous êtes la honte de ce pays. Plutôt que de l’ensemencer, ce qui est votre devoir, vous lui faites l’affront de le répudier. Les humains ont toujours fantasmé sur un ailleurs plus clément ou plus exaltant. Que ce soit avec l’increvable âge d’or ou avec les sanglantes conquêtes. Voulez-vous vraiment embrasser une chimère ? Avez vous pensé à son haleine ? Écoutez, si j’ai cependant touché votre cœur sec, je me dois d’être miséricordieux. Mais ne comptez pas sur une augmentation, votre rachat ne peut être que spirituel.

Et voilà que ça recommence ! Suffit qu’un client s’en aille pour qu’il remette le couteau. Heureusement que ça n’arrive pas souvent. Je m’y voyais déjà moi, les palmiers, la charcuterie luisante, les pâtisseries grasses et les bruns lumineux. Et le torride flamenco qui vous malmène. Vous savez, comme dit mon mari, on croit tenir un commerce mais c’est lui qui vous tient. Vous faites bien de partir. Partez pour tous ceux qui ne partent pas. Je vous confie mon regret comme un enfant malade. Prenez-en soin. Le changement d’air lui fera du bien. Racontez-lui plus tard, peut-être qu’il me pardonnera. Je n’ai jamais aimé cette ville. Et elle me l’a bien fait payer. Les habitants sont méchants et ne voient pas plus loin que leurs minables rires moqueurs. Partir ? Ils ne savent même pas ce que c’est. Pour eux, leur coin c’est forcément le meilleur endroit de la terre. Ils ne m’ont jamais acceptée car je viens d’ailleurs, vous comprenez. Henri, lui, était du cru. Allez-vous-en. Cela ne peut pas être pire qu’ici. Non, restez ! Nous choisirons un beau cercueil pour y déposer encore frétillants tous nos désirs. Nous aurons un magasin et nous l’appellerons : « Souvenirs d’Espagne ». Faites-le pour moi. Vous ne me connaissez pas. Je ne suis pas difficile. Vous verrez. Je ne suis plus très jolie, mais je sais cuisiner. Je suis Jocelyne. Je n’ai pas fait un mariage d’amour. Il m’avait dit qu’on s’en irait. Promis de m’emmener loin. C’était dans le contrat au départ. S’il n’y avait eu que lui, j’aurais pas dit « oui » ! Quand mon mari me relance, c’est là dans le ventre. Cela me tord les entrailles. Mais il dit toujours que le commerce, que sa mère… Sur son tablier de boucher maculé de sang, les traces de mes rêves démembrés. Je n’arrive pas à les rassembler. Aidez-moi à en faire un joli petit tas. Pour les disperser dans la Garonne. Restez. Vous ne souffrirez pas de votre infidélité. Nous aurons la même blessure à lécher, l’un l’autre. Et peut-être trouverons-nous dans la répétition de cette tâche une certaine joie.

Fantaisie (2017)

Un roi sans couronne vivait dans un pays sans royauté. Il n’avait donc pas de peuple à gouverner. En plus de se sentir très seul, il cherchait constamment ses mots. Qui ne venaient que rarement à sa bouche. D’hésitations en tâtonnements gutturaux, le monarque pouvait mettre un temps déraisonnable avant de trouver ceux qu’il lui fallait pour exprimer une idée ou, pire dans son cas, une émotion ! Avec qui pouvait-il discuter alors ? Son vieux compagnon, un perroquet qui jouait pour lui, en plus du rôle de confident, celui de répétiteur. Ce roi était bien malheureux. Car au fond de lui il rêvait non pas d’une couronne, il n’en avait jamais eu aussi n’en éprouvait-il pas le manque, mais d’une raison d’être. Il désirait se sentir utile à une communauté. Mais il n’avait pas de talent connu et en bas, dans la vallée, il n’était pas le bienvenu. En plus, communiquer lui était si difficile ! Un jour de répétition particulièrement intense avec le sieur oiseau exotique, il se passa la main dans les cheveux et, ô surprise, sentit une houpette poindre qui n’était autre que celle rose et blanche de certains de ces incroyables volatiles parleurs. D’abord stupéfait et fort mécontent de ce nouvel attribut, il se résolut à accepter son sort et se proclama roi des perroquets. Il se battit pour des cages plus vastes, le développement des graines bio ; des discussions dignes de ce nom (c’est dingue toutes les bêtises que l’on aimait faire dire à un perroquet !), et enfin pour un statut de membre de la famille à proprement parler. Après tout, qui mieux qu’un ara connaît tous les secrets du foyer ? Le problème certes est qu’il les répète, mais bon ça c’est une autre histoire. Le roi Perroque Ier partit donc avec son fidèle ami sur l’épaule, plaider la bonne parole. Il se sentit pousser des ailes, enfin, façon de parler. Et les mots arrivèrent plus facilement. De toute façon, il faut dire qu’il avait un sacré maître à ses côtés. Quant aux émotions… La vue de son étrange physique générait tant de regards moqueurs et de noms d’oiseaux qu’il apprit aussitôt à les ressentir certes mais sans se laisser picorer par elles.